Une nuit, en chemin de fer

 »-. Une nuit, en chemin de fer, au cours de l’interminable exode qui nous promène à travers la Russie. Entassés dans un wagon à bestiaux, parmi des individus aux pauvres vêtements et aux visages malveillants, qui eux aussi fuient les bolchéviks, nous nous taisons, et courbons le dos, espérant n’être pas inquiétés jusqu’à la fin du voyage. Soudain un cri rauque : -Au 🔥 !– Des langues de flammes s’insinuent par les interstices des portières fermées. Rien de surprenant à cela. Les étincelles, provenant du frottement des roues sur les essieux mal graissés, ont allumé la paille de la litière qui passe par les fentes du plancher. Dans quelques minutes, le wagon entier flambera comme une torche. Et il n’y a pas de signal d’alarme !

Tout à coup, c’est le miracle, le train ralentit, pénètre dans une gare secondaire, s’arrête. Des gens s’agitent dehors. Ouvrent les portières, éteignent le 🔥, aident les rescapés à descendre. Nous nous échappons, un à un, du brasier. Grand-mère, soulevée et portée à bras d’hommes, s’insurge : -Attention, vous allez déchirer ma cape de fourrure !– » Henri Troyat (Le fils du satrape)

2 réflexions sur “Une nuit, en chemin de fer

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s