Le cul du monde

 »-. Puno. Le cul du monde. Des wagons rouillés glissent directement dans la vase, une bouillie verte de roseaux, de gas-oil et d’ordures frange les rives plates. Empêtrés dans les fanges des bassins, des bateaux achèvent de pourrir de toutes leurs coques craquelées… Ici, il n’y a plus rien, c’est le rebord de la marmite aux espoirs.

L’hôtel s’appelle Le Palace, ce qui peut surprendre dans ce pays sans humour. On peut se faire couper la gorge dans les chambres, avec la satisfaction de se dire que son cadavre restera en parfait état de conservation, étant donné la température qui y règne. Il y a de la glace au fond des cuvettes en fer étamé qui ressemblent à des gamelles de soldat. Le concierge est hostile comme toute la ville… Les habitants sont les restes abâtardis des tribus Aymaras célèbres au temps des Incas pour leur hargne combative. Ni touristes ni flics n’entrent dans certains quartiers, les pierres y volent en sifflant dans les rues apparemment désertes, et rien n’est plus dur qu’un caillou gelé lancé à toute volée… C’est d’ici que partent les grèves dures, les grandes rébellions des damnés… Ici, personne n’a plus rien à perdre. » Patrick Cauvin (C’était le Pérou)

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