⛵ en partance

 »-. Seul moyen d’échapper aux bolchéviks, prendre un ⛵ et descendre le fleuve jusqu’à une région épargnée par leur avance. Justement, il y a un vieux vapeur qui est à quai, prêt à partir. C’est le dernier, et il est bondé de réfugiés qui se serrent les coudes, du pont à la cale. Pas une place libre, même en payant le prix fort.

Réunis sur le quai, autour de l’amoncellement de nos bagages, nous attendons le retour de papa, qui est parti à la recherche du capitaine, pour essayer de l’attendrir sur notre sort. Mais il n’y a que peu d’espoir. D’ailleurs, grand-mère, assise sur un baluchon, égrène son chapelet. C’est mauvais signe. -. Venez vite, c’est arrangé. Tu te rappelles Maxime Stepanenko, mais si, je t’en ai parlé cent fois, ce camarade ukrainien que j’ai connu au lycée, à Moscou… Eh bien, tout à l’heure, en cherchant le capitaine dans le bureau de l’armement, qui est-ce que je vois ? Stepanenko, c’est lui qui commande le ⛵, notre ⛵… Je lui ai tout dit, il nous offre l’hospitalité, à bord, dans sa cabine… Nous y serons serrés comme des harengs. Mais il vaut mieux être un misérable hareng vivant qu’un superbe esturgeon mort!… Dépêchez-vous, on a juste le temps d’embarquer ! » Henri Troyat (Le fils du satrape)

2 réflexions sur “⛵ en partance

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s