Fêter la victoire de Stalingrad

 »-. Cependant, peu à peu, le virage de mon père se dessine. Tout en suivant sur la carte la progression des forces hitlériennes, il souffre devant les images des villes russes dévastées. Des cadavres russes pourrissant au bord des routes, des prisonniers russes exténués, affamés, déguenillés que montrent à l’envi les journaux et les actualités cinématographiques. Il décide même subitement de ne plus aller au cinéma pour d’épargner la vision de son pays ravagé par une guerre inexorable.

Lorsque, plus tard, les troupes soviétiques se ressaisissent et t’emportent leurs premiers succès, mes parents manifestent une fierté sincère. Oubliant leurs égoïstes problèmes d’émigrés blancs, ils se surprennent à désirer la victoire d’une patrie qui ne veut plus d’eux. Afin de célébrer la victoire de Stalingrad, nous bûmes ensemble, outre l’habituelle vodka de fabrication artisanale, une bouteille de champagne que mon père avait dénichée Dieu sait où. Lui et ma mère avaient aux yeux des larmes de joie, comme s’ils n’avaient pas perdu, ce jour-là, toute chance de rentrer chez eux.’‘ Henri Troyat (Le fils du satrape)

50x60cm « Stalingrad« , Galerie Chaos

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