Les Papous attaquent ! J’attaque mon tableau…

 »-. Le premier rang des canots s’échoua en faisant crisser le sable de la plage. C’était presque une manœuvre militaire d’acostage. Trois guerriers restaient dans le canot pour le repousser aussitôt à l’eau, s’il le fallait. Les chefs, surmontés de leurs panaches gigantesques, mirent les premiers pied à terre. Puis vinrent les guerriers, penchés en avant sur leurs longs boucliers peints de couleurs vives, leurs longues lances abaissées, le tout formant un hérisson mortel. Derrière se trouvaient les tireurs de sarbacanes avec leurs fines petites flèches empoisonnées…

… Les guerriers fixaient du regard cet homme blanc solitaire, en haut de la pente. Le hurlement du sorcier s’intensifia, sous son piétinement le sable de la plage s’élevait en tourbillons, puis un frémissement parcourut les rangs des Papous, et un cri strident vomi par cent gosiers lui répondit. » Konsalik (Aimer sous les palmes)

Cette fois-ci, nous y sommes, au cœur du roman, au tournant de l’intrigue. Les Papous attaquent ! Mais quel angle choisir pour cette scène haute en émotion ? Faut-il PEINDRE les guerriers qui abordent, leurs chefs emplumés, leur sorcier vociférant et son cri de guerre, ou bien (solution de facilité, peut-être, mais j’assume…) leur adversaire seul, un homme blanc, désarmé, désabusé, désemparé ?

Mon conseil. -. Il faut choisir. Il faut opter pour un angle d’approche, au risque de se tromper. Je le dis et le redis à mes débutants, on ne traite pas tout dans une seule toile, si séduisant qu’en soit le thème. De même que l’on n’y fourre pas toutes les couleurs de la palette. La peinture, c’est comme la vie, il faut trancher, et si possible faire les bons choix.

7 réflexions sur “Les Papous attaquent ! J’attaque mon tableau…

    • Pas du tout, le jeu du plan et du contre-plan permet d’entendre la vocifération d’une part (il pourrait s’arrêter de crier, il est 6 h du matin et on a des voisins) et l’effroi, ou l’indifférence, ou le tracas secondaire que cette danse guerrière a sur le Blanc… Choisir éventuellement entre la bouche du sorcier et les oreilles de cet envoyé de l’Occident religieux, capitaliste, de sa maman peut-être (tu me ramèneras un petit bijou, ils font d’adorables pendentifs).

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  1. je suis déçu, parce que le petit bonhomme sur le tableau ne me semble pas avoir été victime d’un sauvage papou mais d’un chat excédé. Il est vrai que le regard laisse entendre qu’il en a vu des vertes, il sort d’une fichue expérience. Mais où cette ambiance de plage furibonde ? où sont les oriflammes? ou est le déploiement de ces troupes peinturlurées et de leur chef spirituel, qui doit apparaître en un point, fut-il lointain, pour situer le drame qui se noue? Là, je vois… un type qui a eu à subir l’assaut d’une chatte en furie. Ce qui est une expérience douloureuse, mais peu en rapport avec le voisinage de ces anthropophages. Non Christine !

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