Au pays de la destruction divine

 »-. Nous sommes à Gomore. Des villes englouties, nulle trace. Elles s’étendent peut-être sous le limon de la mer insondée. Et, à cet endroit, peu profonde, à peine un mètre, au sud de la presqu’île blanche du Liban qu’on voit briller au loin.

Arrivant à Gomore, par temps d’hiver gris, avec la chaleur tiède et l’oppression de la pesanteur plus grande que partout ailleurs sur notre terre, le voyageur se demande s’il rêve, en voyant de la neige au pied des falaises bistres. Petites congères blanches, trompeuse neige de sel d’Israël. Aux abords de l’eau, elle recouvre les souches et les moignons d’arbustes d’une croûte beige, crée des embryons de forêts pétrifiées. Ceux-ci étaient pour Josephus Flavius, l’historien juif ami des Césars et auteur de La Guerre des Juifs, –les vestiges tangibles de la destruction divine-.

60x60cm  »À pic de falaise », galerie Les clins d’œil de dame nature

Ici, nulle chose faite de ✋d’homme ne cache aux hommes la présence permanente de la mort dans la vie. Et la fin irrémédiable de toute vie, et un voyage vers cette mer au-dessous des mers pourrait préfigurer aux yeux du civilisé l’infernale descente au bord du Styx. Le haut des falaises est déchiqueté de formes, quasi humaines, de sel et de pierre, dont l’une a dû suggérer à l’écrivain antique l’histoire de Loth et de sa femme. Celle-ci s’est retournée afin de voir Sodome et Gomore s’engloutir dans les flots, et fut changée en figure de sel. » Claude Gandelman

3 réflexions sur “Au pays de la destruction divine

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