PEINDRE…

 »-. Je suis rentré chez moi. En poussant la porte, j’ai senti l’odeur de térébenthine. J’ai vu les toiles appuyées contre le mur, les pots de peinture à l’huile entassés. J’ai mis de la musique, éteint mon téléphone pour qu’on ne me dérange pas. J’ai travaillé jusqu’au soir. Le lendemain, je m’y suis remis. Et le surlendemain encore.

J’ai terminé une toile. Puis une autre. J’ai cru pendant une ou deux journées que j’allais y arriver. Que j’avais pris mon rythme. Puis l’ivresse est retombée. Il était minuit passé, j’ai posé la toile que je venais de terminer à côté des autres. Je les ai examinées. J’ai repensé à ce que j’avais espéré, au début. Déposer sur la toile quelque chose comme le temps lui-même. Un petit pan de temps rendu sensible. Sur toutes, il y avait de l’obstination. De la patience. Une infinie patience. Mais il manquait la grâce. C’était laborieux, sans souffle.

J’ai eu mal. Je me suis dit que je perdais mon temps. Que je m’échauffais pour rien, ridiculement, dérisoirement. Je me suis senti essoré, humilié, triste. Mais j’ai aussi senti qu’un poids s’en allait. » Sylvain Prud’homme (Par les routes)

Mon conseil. -Prendre ce texte, le mettre au féminin, le faire mien tant il décrit l’enthousiasme, la peine et le sentiment d’inutilité de l’artiste. Puis me reprendre, ne pas me décourager, tremper mes pinceaux dans la peinture acrylique, recommencer, pleine d’espoir. – Persister toujours. Pleurnicher parfois. Mais PEINDRE…

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