La cancre

 »-. Les filles m’ennuient à pleurnicher pour un rien, à cafarder mes bêtises auprès de la maîtresse. Je déteste le chiqué qu’elles font avec leurs cheveux, leurs 👗 sans un faux pli. Moi, j’ai les cheveux coupés à la Jeanne d’Arc, et je me moque pas mal de ce que j’ai sur le dos. Pour amis, je n’ai que des garçons.

Quand l’école est finie, je laisse tomber mon cartable n’importe où, m’envole vers la rivière ou dans les prés, avant de rentrer à contrecoeur faire mes devoirs. Ce que je déteste le plus, c’est le calcul. Je suis nulle, je déteste cela, tout comme les paires de claques que me flanque mon père pour me mettre du plomb dans la tête, dit-il. La peur des châtiment corporels me hérisse, met un sacré désordre dans ma tête de môme.

Mon frère, lui, est toujours premier en classe. Moi, je ne retiens que les choses qui m’intéressent, et ce qui m’intéresse me vient de la nature. Très souvent, mon père me prive de dessert et m’enferme à clé dans ma chambre. Heureusement elle n’est qu’au premier étage, et je réussis sans difficulté à me sauver par la fenêtre en glissant sur le toit de la buanderie. A moi la liberté, la sieste dans les prés, la tendre morsure du ☀️, le bruit doux des alouettes, la paix. Loin des grands. » Nicole Viloteau (La Femme aux serpents)

2 réflexions sur “La cancre

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s