Petits bonheurs bucoliques

 »-. Tout un été qui est beau passe encore ainsi. Et tout un automne. Le tilleul fleurit en son temps, la vigne fleurit, les oliviers fleurissent. On cueille le tilleul avant que les étamines et tendues par les feuilles au bout d’un fil de tige, ne deviennent une boule de graines. On le met à sécher en l’étalant sur la table du salon où l’on ne va guère. Et. Longtemps après, l’odeur vous assomme, tellement ça sent bon. La fleur de vigne est poudrée quatre fois de soufre, et baignée deux fois par la douche bleue du sulfate. On ramasse les olives vertes pour les préparer à être mangées à table. D’abord, on les met dans la jarre avec une lessive de cendres pendant neuf jours. Après, bien rincées, on jette sur elles une eau bouillie et refroidie, parfumée de lauriers et de fenouil.

En fin septembre, comme d’habitude, la vigne donne son raisin, malgré les orages qui font toujours craindre pour la vendange. Il y a toujours les jeux et les rires des femmes enragées pour ce gros travail, il y a toujours l’odeur de ce vin nouveau qui entre partout, et un gros tas de grappes écrasées dans un coin de la cour. Il y a de la piquette à boire pendant quinze jours, et, dans la cave, de nouvelles bouteilles sur lesquelles on colle des étiquettes blanches. Vers décembre. On fait tomber des 🌲, avec des bambous, les olives noires dont le jus violet tache les doigts. »Thyde Monnier (Le pain des pauvres)

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