Mortelle amitié

 »-. Ils se revirent. Le soir même, le prince Sernine invitait le baron Altenheim au cabaret, et le faisait dîner avec un poète, un musicien, un financier et deux jolies comédiennes, sociétaires du Théâtre-Français. Le lendemain, ils déjeunèrent ensemble au Bois, et le soir se retrouvèrent à l’Opéra. Et chaque jour, durant une semaine, ils se revirent. On eût dit qu’ils ne pouvaient se passer l’un de l’autre, et qu’une grande amitié les unissait, faite de confiance, d’estime et de sympathie. Ils s’amusaient beaucoup, buvaient de bons vins, fumaient d’excellents cigares et riaient comme des fous.

50×60 Moulin rouge

En réalité, ils s’épiaient férocement. Ennemis mortels, séparés par une haine sauvage, chacun d’eux, sûr de vaincre et le voulant avec une volonté sans frein, ils attendaient la minute propice, Altenheim pour supprimer Sernine, et Sernine pour précipiter Altenheim dans le gouffre qu’il creusait devant lui. L’un ou l’autre y laisserait sa peau, et c’était une question d’heures, de jours, tout au plus. » Maurice Leblanc (La double vie d’Arsène Lupin)

5 réflexions sur “Mortelle amitié

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s