Le coup de la cloche

 »-. La vénérable chapelle fut secouée pour la huitième fois. Il était évident que le tremblement était plus accentué, comme si les poutres et les murs avaient du mal à supporter ces mystérieuses vibrations. Un nuage de poussière ténue flottait dans l’air, et on le distinguait très nettement comme une pluie fine au fond de la galerie dans le chœur, les enfants levaient tous la tête vers le plafond. L’organiste, toujours vaillant à son clavier, appuya par inadvertance sur une touche, et les orgues émirent une note assourdissante. Neuf… Dix secousses... Les voix, à présent, se faisaient plus fortes dans le saint lieu, comme si l’on oubliait la noce. Ce n’était pas encore la panique, mais une inquiétude générale qui allait grandissant.

-. Mesdames et messieurs, lança le pasteur, si vous voulez bien…-. Sous l’effet de la brutale secousse, il se tut. Cette fois, un cri jaillit de l’assistance, propre à faire céder les nerfs. -. C’est la cloche, que Dieu nous vienne en aide, c’est la cloche !-. Mais oui, la cloche ! Seule la cloche de quatre tonnes, là-haut dans la tour, au-dessus du chœur et des orgues, pouvait créer une telle pression en oscillant. C’était à cause de l’état de dégradation de la chapelle que la cloche ne sonnait plus depuis vingt ans. Et je me demandai avec colère qui avait bien pu avoir l’idée de cette mauvaise plaisanterie. A l’évidence, le battant avait été assourdi, afin que l’effet garde toute sa force sans que l’on entende le son. » John Farris (Écailles)

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