Là où la pauvreté logeait les ouvriers…

 »-. A la lisière nord de la ville, en tirant sur les emprises du port et du chantier naval, là où la pauvreté marquait les enfants, il y avait en rangs plusieurs bâtiments sans étage de briques non crépies, couverts de carton bitumé, logements habités chacun par deux familles d’ouvriers des chantiers. Les Stubbe voisinèrent longtemps avec les Skröver jusqu’à ce que ceux-ci, déchus de leur nationalité, émigrent en Amérique. Le charpentier de marine Heinz, avec sa femme et ses quatre enfants, occupa donc le logement contigu dont la porte peinte en vert côtoyait, au milieu du côté long, celle des Stubbe.

Au couloir, faisait suite la cuisine-séjour, avec fenêtre et porte-fenêtre donnant sur la cour, les toilettes et le jardin. Au corridor se raccordait le salon avec deux fenêtres sur le devant. A droite et à gauche, mais plus petites que le salon, les chambres à coucher touchant aux cuisines. Pas de place pour des mansardes sous le toit de carton bitumé. Les poêles en catelle s’alimentaient à partir des salons, mais, partagés par la cloison, réchauffaient aussi les chambres à coucher des deux familles. C’est dans la cuisine qu’il faisait le plus chaud. La pompe à eau de la cour était prévue pour les deux locataires. » Günther Grass (Le Turbot)

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