Procès en sorcellerie

 »-. On lut les quatre rapports, confiés par le canal de la défense d’office, à des historiens patentés. Le premier rapport d’expertise définit la sorcellerie médiévale comme une tentative particulièrement désespérée d’émancipation féminine. L’exploitation statistique fit apparaître que la participation des religieuses au total des sorcières brûlées au quinzième siècle se situait très haut en pourcentage. Le second rapport d’expertise prouva pourquoi la sorcellerie conventuelle décrut au siècle de la Réforme, tandis que le nombre des sorcières dans le siècle accusait particulièrement la détresse des femmes d’artisans.

Le troisième rapport examinait l’influence politique des couvents de femmes au Moyen Age, leurs cuisines comme centres de pouvoir, comme lieux où se concluent les traités de paix, s’effectuent les rencontres de conspirateurs et les réunions de société désordonnées. C’était dit par l’expert, le couvent de femmes s’était avéré une institution où le déficit féminin pouvait à tout le moins trouver sa compensation temporaire. Le quatrième rapport d’expertise traita de l’élargissement de l’horizon des couvents depuis la découverte du Nouveau Monde par Christophe Colomb, Vasco de Gama et consorts. » Günther Grass (Le Turbot)

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