Les mystères de la mère nourricière

 »-. D’ailleurs, l’ignorance générale des hommes néolithiques peut passer à bon droit pour effrayante. Ils n’agissaient, quand ils agissaient, que par un vague sentiment. Dolents, douillets, dorlotés, tout ce qu’ils cherchaient, c’était un abri. Il était facile au femmes de tenir leurs bonshommes dans la sottise. Par exemple, les dames savaient, et ce depuis le début de l’élevage au plus tard, que la gestation et la mise bas d’élans, de marcassins et même donc d’enfants n’étaient pas l’affaire exclusive des élans femelles, des laies et des femmes. Mais nécessitaient l’engendrement fécondant par le mâle, le taureau, le sanglier, etc.

50x70cm « Mère nourricière« , poème Clara Dupard, vendu

Mais les dames gardaient leur savoir subtilement pour soi, n’en soufflaient mot, ignoraient le droit à la paternité. Et, sous le masque de la sollicitude, ne voulaient pas éclairer les hommes. C’est ainsi que, des millénaires durant, ils furent tenus, comme mineurs, dans une sécurité trompeuse. Dans le parler actuel, on dirait sans doute que les dames régnaient grâce à l’avance de leur information. La perte du pouvoir des femmes déterminée par l’histoire est généralement surestimée. En effet, depuis le Haut Moyen Âge, la puissance culinaire, les clés de la 🏠, le lit, le rêve, la morale chrétienne, la menue monnaie et l’éducation des enfants demeurent réservés au sexe féminin. » Günther Grass (Le Turbot)

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