Marcher vers la mer

 »-. Il commença à faiblir, butant de plus en plus souvent, les poignets déchirés par les cordes, la vue brouillée de poussière et de sueur. Il avait faim. Les grenadiers lui avaient donné une fois une poignée de manioc et un peu d’eau. Bêtement, il avait mordu la ✋, et il avait recolté un coup de fouet hargneux. Depuis il ne faisait plus rien, ne disait plus rien, ne pensait même pas. Il marchait. L’air brûlant soufflait dans ses poumons.

Ils croisèrent une caravane de mules dont il reconnut le harnachement, elles transportaient le sucre des moulins vers les boutiques qui longeaient la mer. Les caisses étaient vides, si les mules repartaient à vide, c’est que lui allait vers la mer. Il serra les ✋ sur la corde et renifla. Il crut sentir une odeur marine, salée, ou alors il rêvait debout. Il n’avait pas rêvé, le chemin grimpait, et, au bout, c’étaient les rochers et la mer. Elle était d’un bleu profond, du même bleu, toujours. Loin, là-bas, dans la ligne de chaleur où naissent les ☁️, il y avait une tache écarlate et flamboyante, avec toutes ses fleurs d’un côté, comme une chevelure de femme. » Gérard Lauzier et Marie-Ange Guillaume (Le voleur de dentelles)

50x50cm « Ce jour-là, la mer était bleue« , Galerie Laissez-moi vous conter la mer

2 réflexions sur “Marcher vers la mer

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