A la jolie Cour du Roy

 »-. L’humeur ambitieuse de la Reine lui faisait trouver une grande douceur à régner. Il semblait qu’elle souffrit sans peine l’attachement du Roy pour la duchesse du Valentinois, et elle n’en témoignait aucune jalousie. Mais elle avait une si profonde dissimulation qu’il était difficile de juger ses sentiments, et la politesse l’obligeait d’approcher cette duchesse de sa personne, afin d’approcher aussi le Roy.

Ce prince aimait le commerce des femmes, même de celles dont il n’était pas amoureux. Il demeurait toujours chez la Reine à l’heure du cercle, où tout ce qu’il y avait de plus beau et de mieux fait, de l’un et de l’autre sexe, ne manquait pas de se trouver. Jamais Cour n’a eu autant de belles personnes et d’hommes admirablement bien faits. Et il semblait que la nature eût pris plaisir à placer ce qu’elle donne de plus beau dans les plus grandes princesses et dans les plus grands princes. La Reine, sa belle-mère, et Madame, soeur du Roy, aimaient aussi les vers, la comédie et la musique. » Marie-Madeleine Pioche de la Vergne, comtesse de Lafayette (La Princesse de Clèves)

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