Le printemps et la mort

 »-. Ce fut la saison des boutons d’or. Qu’y a-t-il de plus riche et de plus parfait qu’un bouton d’or sur sa tige vert pâle ? Toute la richesse du ☀️ est dans des pétales luisants, ses étamines précieuses. Bientôt, les bruyères refleuriront. Le six du mois de mai, le quinze du mois de juin, les enfants allèrent à la messe avec un sentiment différent de celui qu’ils éprouvaient lors des dimanches ordinaires. Leur père célébra un service à la mémoire de Maria, morte à douze ans, d’Elisabeth, morte à dix ans. L’ombre de la mort revint les frôler. On pouvait donc s’en aller de la vie quand l’été ouvrait les fleurs et faisait déferler sur la lande la pourpre de la bruyère. On pouvait fermer les yeux sur la lumière revenue.

-. J’aimerais mieux mourir en hiver-, murmurait Emily. -. Moi, dit gravement la petite Anne, je pense que mourir en mai, sous le ☀️, doit être très consolant.-. Patrick, comme sa mère, voulait mourir en septembre, lorsque toutes les joies de l’été étaient épuisées. Mais Charlotte choisit aussi le printemps : -. Tout le monde aurait moins froid pendant l’enterrement, et cependant pas trop chaud-. Ainsi, pour ces enfants, se mêlaient la Vie et la Mort. »Jeanne Blutteau (La vie passionnée des. Brontë)

2 réflexions sur “Le printemps et la mort

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