Venise en janvier

 »-. En janvier, Venise est déserte. Un véritable tombeau. Le silence est tel que l’on entend presque le bruit des palazzi s’enfonçant dans l’eau noire, leurs pilotis s’effritant lentement après des siècles dans la vase froide et saumâtre de la lagune.

Aux traghetti de la Riva degli Schiavoni, les gondoles venaient cogner contre les palines, ces points d’amarrage rayés comme des sucres d’orge aux couleurs passées, leurs cockpits hermétiquement protégés par des bâches de toile huilée. La moitié des boutiques de la ville étaient fermées, rideaux baissés, ainsi que la plupart des restaurants. Les rares établissements restés ouverts ne servaient que le dîner, et seulement en début de soirée. Même la place Saint-Marc était déserte. Elle était livrée aux pigeons blottis les uns contre les autres, frissonnants, sous les arcades devant le café Florian. » Robert Girardi (Vaporetto 13)

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