Les petites combines du marché noir

 »-. Qui disait marché noir disait 💸. Mais qui disait combines… Passage. Sainte-Delphine comme partout ailleurs, on combina. Madame Melba se faisait payer ses indefrisables et ses mises en plus en filets mignons par la bouchère, et en pieds panés par la charcutière. Chez Salomon, on pouvait se faire tailler un gilet pour cinq kilos de pommes de terre, et un pantalon pour trois litres de vin. Monsieur Martin tapissa pour pas un centime la chambre d’un boulanger, le salon d’un restaurant et capitonna les toilettes du marchand de légumes. Grâce à quoi, il ne manqua quasiment de rien durant l’hiver 1941.

Monsieur. Ponchardain décida un beau matin de se mettre à combiner lui aussi. Comme à la . Belle. Époque ! Comme quand il payait un souper d’une ébauche, et sa logeuse d’un croquis un peu tape à l’oeil. Troquer, les plus grands maîtres avaient fait ça. Léonard de Vinci n’avait-il pas peint sa . Cène sur le mur d’un cloître, en échange de pension chez des moines ? Et Michel-Ange, et Donatello, et Daumier. Tous les artistes avaient troqué. Monsieur Ponchardain décida donc de céder, contre des nourritures bien terrestres, quelques-unes des oeuvres qui encombraient son atelier à ces commerçants de quartier qui s’enrichissaient à vue d’œil. »Remo Forlani (Pour l’amour de Finette)

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