Le goût du gai

 »-. Adrienne avait du goût et des goûts, comme tout un chacun. Elle avait autant soif de beauté que, par exemple, Madame Ponchardain qui avait fait l’École du Louvre. Ou que bon nombre de barbichus à lorgon qui venaient baver d’admiration devant les œuvres laissées pour compte, entassées dans ce fichu atelier si dur à tenir propre. Mais elle aimait ce qui était chaud, vif, coloré. Elle détestait ce qui était froid, inerte, terne. -. Moi, ses marbres, au cher maître Paul-Emile, ils me laissent de marbre !-

Elle aimait, Adrienne, les affiches bariolées sur les murs et les palissades, Joséphine Baker au Casino, pas très vêtue et tellement plus appétissante que les déesses mortes depuis des siècles de Paul-Emile Ponchardain. Elle aimait, Adrienne, un bouquet de fleurs, des 🍅 bien rouges, des 🍓 sur un lit de crème fraîche, les feux d’artifice du quatorze juillet, les peintures des baraques de la foire du Trône. Il n’y avait pas dans l’art, selon Paul-Emile Ponchardain, la moindre place pour la rigolade. Pas même pour la simple et banale gaité. Il était de ces artistes qui croient que seul l’ennuyeux, l’attristant, est beau. » Remo Forlani (Pour l’amour de Finette)

« Foufou », poème Mawé, galerie Chemins de spiritualité

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