L’adieu aux derniers beaux jours

 »-. La lettre était de leur sœur, Anne. Simplement, doucement, à la manière d’Anne, elle leur annonçait la mort, à vingt-six ans, de son fiancé William Weighman, licencié es lettres, vicaire de Haworth. Elles se levèrent, au bout du jardin résonnait la voix douce des enfants. Les deux sœurs avaient le ❤️ si lourd ! William était mort ! Était-ce concevable, par ce beau soir odorant ? Et la jeunesse en Anne, n’était-elle pas morte d’un coup ? Et qui sait, la vieillesse de leur tante Elizabeth ? Avec leur intuitive tendresse, elles imaginaient son profond, son lourd désappointement. Guérissait-on, à l’âge de la vieille demoiselle, de telles déceptions ?

Le temps avait passé, dans une sourde anxiété, depuis la mort du jeune vicaire. Tante Elizabeth était malade, la vue du pasteur s’affaiblissait toujours, Anne pleurait. Leur frère avait perdu son seul ami. Puis elles se laissaient surprendre par les joies quotidiennes. Emily devenait une pianiste remarquable. Elles vivaient donc sur la crête même du bonheur. La page allait être tournée. Elle le fut.

D’abord, leur amie Martha Taylor. Elle mourut. Puis Anne écrivit que tante Elizabeth était moribonde. Cette fois, il fallait partir. Elles firent leurs adieux. Hélas, quand elles arrivèrent à Haworth, la tante était déjà morte, après une agonie douloureuse. » Jeanne Blutteau (La vie passionnée des Brontë)

3 réflexions sur “L’adieu aux derniers beaux jours

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