Promenons-nous dans les bois, en jaquette et en fagot

 »-. Ce centenaire –il était né en 1812– était un vieil original. Je le connaissais bien, tous les jours je le voyais qui passait devant chez nous. Il s’en allait par derrière pour aller ramasser son fagot de branches. Qu’il pleuve ou qu’il vente, qu’il fasse beau ou qu’il gèle, rien ne pouvait l’empêcher de s’en aller dans les bois… Il taillait les petites branches, et, le soir, il revenait avec son fagot.

Lucie, 9 ans, acrylique et collage, « L’arbre-Bonhomme »

Il a fait ça pendant vingt ans, il était toujours habillé pareil, il portait une chemise de chanvre comme dans l’ancien temps, grande ouverte sur la poitrine avec tous ses poils blancs qui dépassaient. Et, par-dessus, une jaquette noire taillée en queue de morue. C’était déjà quelque chose de très démodé, c’était ridicule. Lui s’en fichait éperdument, il s’en allait comme ça pour ramasser son bois. Il était nu-tête et débraillé, insensible au froid et à la chaleur. Il s’était choisi une place au cimetière, quand il est mort on a respecté son désir. On a fait un trou à cet endroit-là et on l’a mis dedans. Il avait cent deux ans. » Emilie Carles (Une soupe aux herbes sauvages)

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