Franchir le fleuve Léthé

 »-. On me transporte. On m’étend. Quelque chose se déchire. C’est ma chemise. Un disque de lumière aveuglante. Des hommes masqués se penchent sur moi. Une aiguille pénètre dans le creux de mon coude droit. La voix d’Angela se fait plus distante. -. Que toute vie trouve son terme et que la mort soit sans retour-. Couleurs ! Couleurs ! Fantasmagorie ! Je sens mon bras qui pèse de plus en plus lourd. On me presse quelque chose contre la face. Fabuleuses, les couleurs. Non, ce ne sont pas les couleurs de ce monde. Très faible, maintenant, la voix d’Angela. -. Que le fleuve le plus las trouve aussi le chemin de la mer-.

Clapotis léger. Et, d’un coup, je le vois. Fleuve profond serpentant à travers une immense prairie tapissée de fleurs. Des doigts lisses me touchent le corps. Quelque chose de froid, de coupant contre ma poitrine. C’est le Léthé, qui sépare le monde des vivants de celui des morts. Le Léthé où les âmes des trépassés boivent l’oubli. Surprise, le ☀️ brille sur les berges du fleuve. Puis progressivement mon ❤️ faiblit. Je le sens faiblir. Il va s’affaiblir. La prairie tapissée de fleurs, le fleuve Léthé s’effacent doucement. Mon souffle s’arrête. Puis c’est l’obscurité, une paisible moiteur. Et alors je suis mort. » Johannes Simmel (Seul le vent connaît la réponse)

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