Terre ! C’est Shanghai !

 »-. Maintenant, chaque heure le met davantage en contact avec le sol céleste, que le paquebot longe. Il va l’aborder pour en savourer les charmes et les horreurs, ce qu’il ne déteste pas. Mais c’est la saison des pluies, une énorme brouillasserie s’abat, averses diluviennes et nuées opaques. Une chaleur moite, détrempante, d’étuve, tout semble être du coton souillé. La mer devient sale, rien ne s’aperçoit. Monte cependant, de plus en plus épaisse, une odeur, celle de la Chine même, celle qu’il apprendra à déguster, l’odeur de la merde. Qui peut aimer la Chine sans aimer sa merde généreuse, fécondante, ruissellement de bonne pestilence ?

Il pleut, il pleut. Sans cesse le paquebot, qui va très lentement, tremble et mugit. Corne de brume, lourds sons étouffés, solitaires et puissants, tristes aussi, pour écarter les coquilles de noix des hommes, leur multitude sur des planches, sur des barques. Où va le bâtiment d’André, a-t-il un but, le mène-t-il nulle part, vers un néant larvaire, une prolifération de fantômes ? Où est la terre, où est la mer ? Et soudain, avec une brutalité fantastique, dressé contre l’incertitude, le Défi de l’ Occident… Shanghai, bouquet monstrueux de buildings.’‘ Lucien Bodard (Anne-Marie)

2 réflexions sur “Terre ! C’est Shanghai !

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