La lassitude des vieilles pierres

 »-. Je compris que j’étais las des vieilles pierres et des églises anciennes. Las des murmures tristes de l’histoire. Las de tout ce qui n’était pas neuf et brillant. Las des pièces de monnaie qui n’avaient pas été frappées la veille. Las de Venise et de toutes ses splendeurs disparues, de ses palazzi naufragés, de ses lagunes fétides et des 🏝️ envahies par les roseaux, lentement aspirées vers le neant par les marées. Venise était une carcasse pourrissante mangée par les vers. Je suffoquais, je ne pouvais plus respirer. Puis je sentis la ✋de mon ami Rinio sur mon épaule.

50x50cm « Palazzo« , vendu, Galerie La meilleure façon d’habiter

-. Il faut partir. Il n’y a plus rien pour toi, ici-. Quand je levai les yeux, j’avais le visage trempé de larmes. Il gloussa gentiment. -. Ah, ce que tu es sentimental !-. Le vent était tombé et l’après-midi plus doux. Un vol de colverts passa au-dessus de nous. Nous filâmes pleins gaz dans le chenal élargi, et nous dépassâmes Torcello et Burano. Venise s’éleva comme une cité de rêve sur l’océan rose, jaune et sépia au-dessus de l’eau vert foncé, ses flèches et ses dômes étincelant sous le ☀️ hivernal. S’il est une chose que la vie nous enseigne, c’est bien l’oubli. » Robert Girardi (Vaporetto 13)

3 réflexions sur “La lassitude des vieilles pierres

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