Loger dans le lit du mort

 »-. N’allait-il pas succomber de la même façon que son père, frappé à la tête par la ✋ de Dieu ? -. Moi aussi, j’étais présent quand on a brûlé les Templiers, devant le Palais… Sait-on jamais la nuit qu’on doit mourir ? Sait-on jamais la nuit qu’on devient fou ?-. Et s’il parvenait à franchir cette abominable nuit, s’il voyait se lever la tardive aube d’hiver, dans quel épuisement ne serait-il pas le lendemain ?

Il continuait d’errer, haletant et frissonnant autour du grand lit nappé d’ombre. C’était ce meuble qui l’épouvantait. C’était ce lit qui était maudit. Et jamais il ne parviendrait à y dormir. Le lit du mort. -. Passerais-je donc ainsi toutes les nuits de mon règne à marcher en rond pour ne pas trépasser ?-. Mais, le moyen d’aller se coucher ailleurs, d’appeler ses gens pour qu’on lui préparât une autre chambre ? Où puiser le courage d’avouer-. Je ne puis loger ici parce que j’ai peur-, et de se présenter aux maîtres de l’hôtel, aux chambellans, ainsi défait, tremblant et désemparé ? » Maurice Druon (Les Rois Maudits)

3 réflexions sur “Loger dans le lit du mort

Répondre à Francine Hamelin Annuler la réponse.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s