Folle à lier

 »-. Je revenais de l’asile psychiatrique, et j’étais encore sous le choc que j’avais ressenti au cours de ma visite. Quand on sort d’un endroit pareil, on est différent. L’ambiance était terrible. Les cris m’avaient impressionnée, il y en avait de toute sorte, aucun ne paraissait humain et pourtant tous l’étaient. Les malades se trouvaient tous ensemble, les persécutés, les visionnaires, les prostrés, les excités, et tous avaient une façon de pousser leurs cris… Lorsque je suis repartie, je me demandais si j’étais encore normale, il me semblait qu’il suffisait d’un rien pour que je devienne comme eux.

Pour ma sœur, ce n’était guère brillant. Elle était dans une salle commune avec d’autres malades et, lorsque j’étais arrivée, c’est à peine si elle m’avait reconnue. Pendant que je déballais de mon sac les quelques douceurs que je lui avais apportées, elle restait parfaitement indifférente et, par la suite, elle avait tenu des propos incohérents… Elle n’avait aucun sens de la réalité. Le médecin qui la soignait avait cependant dressé un bilan positif de son état. –Me disait-il la vérité ? Je n’en sais rien, en tout cas ses paroles n’avaient pas suffi à me rassurer. » Emilie Carles (Une soupe aux herbes sauvages)

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