Commandes d’art, art sur commande

 »-. Ce fut le boucher de la rue de la Forge-Royale qui ouvrit le feu. Un homme venu des Charentes, gros comme un bœuf et rouge comme un bifteck, que la perspective d’avoir son buste sur la cheminée de sa salle à manger enthousiasma. Il vint poser vingt soirs d’affilée. Et, à chaque séance, il amenait son rôti, son gigot ou son miroton.

Les deux demoiselles des Fruits-et Primeurs lui succédèrent. Elles étaient ingrates, mais pas vraiment laides, et Monsieur Ponchardain prit quelque plaisir à les traiter façon Louis XV, costumées en marquises et dansant le menuet. Suivirent trois épiciers, deux patrons de restaurants de marché noir qui déliraient à l’idée d’être statufiés comme des généraux de square. Et un charcutier, que Monsieur Ponchardain éconduisit sans ménagements, parce qu’il estimait que, même en période de disette, un prix de Rome se déclasserait en acceptant de modeler le maréchal Pétain en saindoux pour orner une vitrine de Noël. » Remo Forlani (Pour l’amour de Finette)

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