Mener grand train de vie

 »-. Le bouteiller volait sur les vins, les écuyers volaient sur le fourrage, les chambellans volaient sur la chandelle et le saucier grattait sur les épices. Comme on pillait à la lingerie, on gaspillait aux cuisines. et ce n’était là que le train courant. Car le comte de Valois devait faire face à d’autres nécessités.

Géniteur prolifique, il avait d’innombrables filles qui lui étaient nées de ses trois lits. Chaque fois qu’il en mariait une, Charles se voyait contraint de s’endetter davantage, afin que dot et fêtes d’épousailles fussent à la mesure des trônes autour desquels il prenait ses gendres. Sa fortune se fondait dans ce réseau d’alliances. Certes, il possédait d’immenses domaines, les plus grands après ceux du roi. Mais les revenus qu’il en tirait ne couvraient plus qu’à peine les intérêts des emprunts. Les prêteurs, de mois en mois, se faisaient plus difficiles. S’il avait connu moins d’urgence à restaurer son crédit, monseigneur de Valois eût montré moins de hâte à se saisir des affaires du royaume. » Maurice Druon (Les Rois Maudits)

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