Je m’en vais, je divorce !

 »-. Je m’en vais, je divorce-. Elle le répétait, elle le criait même dans le vent qui la heurtait de face, la contraignant à marcher courbée, à tenir sa jupe, seule, sur cet espace balayé qui dominait une mer d’un bleu vif griffé de longues traînées blanches.

. Je m’en vais. Je n’ai pas d’enfant. Je divorce-. Elle le répétait, pour s’en convaincre. Elle serrait son sac sous son bras. -. Je travaillerai-. Vendeuse, ça, elle saurait le faire. Liline venait d’être engagée aux Galeries. Un soir, Mafalda et Lorraine étaient venues l’attendre à la sortie du magasin. Quand la sonnerie avait retenti, la centaine de jeunes femmes qui piétinaient derrière la grille s’étaient élancées en courant, se tenant par le bras, parlant fort, joyeuses. Bientôt, Mafalda serait l’une d’elles… -. Je m’en vais, je divorce-. » … Elle ne quitta pas le quai des Deux-Emmanuel. Elle resta Madame Monti. Elle ne fit jamais partie de ce groupe de jeunes femmes qui, dès que la sonnerie retentissait, n’attendaient même pas que la grille des Galeries fut complètement tirée pour gagner la rue en courant. De quoi se serait-elle plainte ? » Max Gallo (Le beau rivage)

2 réflexions sur “Je m’en vais, je divorce !

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s