Décomposition

 »-. Après cela, il n’y a plus rien. Celestina s’enferme dans sa chambre à coucher, dans le Palazzo. Il fait très chaud. Le canal dégage une puanteur de cadavres en décomposition. La vie est intolérable, le scintillement du ☀️ sur la surface de l’eau, le vent chaud sur son visage et le calme de midi. Tout lui est intolérable. Puis la peste frappe. Cette fois, c’est terrible, des milliers de personnes meurent en quelques semaines. La mère de Celestina meurt, puis ses frères, puis son fils. Son mari, qui pourtant s’était réfugié à la campagne, meurt aussi. Elle regarde toutes ces morts avec une certaine satisfaction. Son amour est mort, son âme est morte, il vaut mieux que le monde meure avec eux.

Une nuit, elle erre dans la ville en gondole, à la recherche de ses amis, de n’importe qui, mais tout le monde est mort. Il y a des cadavres gonflés partout, qui flottent sur l’eau. La putréfaction et la mort alourdissent l’atmosphère. La ville est devenue la ville des morts, pour toujours. Il n’y a personne à aimer, personne pour l’aimer. Personne avec qui échanger un mot de réconfort ou de pitié. » Robert Girardi (Vaporetto 13)

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