A bord du Cybèle

 »-. Dans la matinée, les voiles se mirent à l’arrêt, et le Cybèle s’immobilisa sous le ciel d’un bleu profond, sous un ☀️ chauffé à blanc. La sirène fixait un point inaccessible de l’horizon, où le bleu du ciel et le bleu de la mer se partageaient le monde. Il aimait la venue de ces jours nouveaux. Leur brûlure comblait parfaitement son désir de sentiments excessifs.

Les hommes jouaient aux cartes à l’abri de la baleinière et des canots, puis s’endormaient. Au bout de quelques jours, ils ne jouèrent plus, pris d’une torpeur étrange qui ressemblait à de la mélancolie. Le capitaine commença à se manifester. Il arpentait le pont nerveusement et donnait des ordres… il fallait gratter le pont, puis la dunette, puis laver, puis gratter encore. Il fallait chanter ou danser. Le charpentier allait chercher son accordéon dans son coffre et jouait des musiques sautillantes, tandis que les hommes dansaient, se contorsionnaient et minaudaient, imitant de façon obscène ces femmes auxquelles ils pensaient chaque nuit. Ou peut-être n’y pensaient-ils plus du tout. » Gérard Lauzier et Marie-Ange Guillaume (Le voleur de dentelles)

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