La Mora

 »-. Les soirs de bal, après les moissons, quand elle paraissait sur l’aire, entre ses frères Dante et Gaston, très droite, avec cette fierté un peu méprisante qu’ont certaines paysannes que leur taille et leur beauté isolent de leurs compagnes, les hommes, même ceux qui dansaient, se tournaient vers elle. C’était La Mora, la brune, celle des Gasparini, les propriétaires du Misson, la grande ferme.

Elle portait comme toutes les femmes une jupe plissée longue, un châle sur une blouse de couleur et un foulard noué de telle manière que, c’était la coquetterie les soirs de bal, il laissait apparaître les oreilles et les petites boucles d’or. Parfois, après quelques danses, le foulard glissait et l’on voyait les cheveux très noirs, noués en une longue tresse. L’on pouvait imaginer que le dimanche, avant la messe, La Mora les peignait dans sa chambre, et qu’ils couvraient ses épaules et descendaient jusqu’à la taille. Rares étaient ceux qui osaient inviter La Mora pour une danse. Elle était altière, plus grande que beaucoup d’hommes, et la ferme du Misson était la plus vaste et la plus riche de la région. » Max Gallo (Le beau rivage)

2 réflexions sur “La Mora

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