Monsieur le chef de la police

 »-. Monsieur le chef de la police était un homme encore jeune, si l’on considérait l’expression même de son regard, ses yeux qui brillaient sous ses lunettes. Mais c’était presque un vieillard si l’on notait son dos voûté, sa peau sèche et comme jaunie à la cire, sa barbe et ses cheveux grisonnants, toute son apparence brisée, hésitante, maladive.

Il avait péniblement passé sa vie aux colonies, comme commissaire du gouvernement, dans les postes les plus périlleux. Il y avait gagné des fièvres, une énergie indomptable malgré sa déchéance physique, l’habitude de vivre seul, de parler peu et d’agir en silence, une certaine misanthropie. Et soudain, vers cinquante-trois ans, à la suite de la fameuse affaire des Trois Espagnols de Biskra, la grande, la juste notoriété. On réparait alors l’injustice, et, d’emblée, on le nommait à Bordeaux, puis sous-chef à Paris, puis, à la mort de M. Dudouis, chef de la Sûreté. C’était l’idole, le Dieu qui ne se trompe pas. » Maurice Leblanc (La double vie d’Arsène Lupin)

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