Thé et biscottes

 »-. Le boulevard est recouvert d’une fine couche de neige. Tard dans la nuit, Marcel Proust presse le pas, il s’engouffre dans son immeuble et monte à son appartement du premier étage. Il a froid, il tremble un peu et sa gouvernante, Céline, lui conseille de prendre un thé… D’autorité, elle lui en verse une tasse accompagnée de quelques biscottes. Proust trempe machinalement une biscotte dans le breuvage et la porte à sa bouche. Instant sublime, étrange sensation de lumière et de bonheur… Tout un passé ressurgit avec cette biscotte ramollie, celle que son grand-père lui offrait autrefois. Ce goût oublié, c’est celui de l’enfance perdue.

Justement, l’écrivain a commencé l’écriture de son roman  »Du côté de chez Swann », et de cette expérience unique de la biscotte, il rédige une page frémissante. –. L’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir-. Proust hésite, rature son manuscrit. Y revient… Finalement, ce sera une madeleine, l’un de ces gâteaux qui – semblent avoir été moulés dans la valve rainurée d’une coquille Saint-Jacques-.’‘Lorant Deutsch (Métronome 2)

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