Geôles Royales

 »-. Ce ne fut jamais une situation aisée que d’être le geôlier de personnes Royales. Robert Bersumée devait à ces deux condamnées, qui lui étaient arrivées vers la fin avril, la tête rasée, dans des chariots tendus de noir et sous l’escorte de cent archers, les plus mauvais moments de sa vie. Deux femmes jeunes, trop jeunes pour qu’on n’eût pas pitié d’elles… Belles. Trop belles, même sous leurs informes 👗 de bure, pour qu’on pût se défendre d’être ému en les approchant jour après jour, pendant sept mois…

Qu’elles allâssent séduire un sergent de la garnison, s’évader, ou bien que l’une se pendît ou gagnât une maladie mortelle, ou encore que leur survint un retour de fortune, et ce serait toujours lui, Bersumée, qui serait en tort, réprimandé pour trop de faiblesse ou trop de rigueur. Et, dans tous les cas, cela ne lui vaudrait rien pour son avancement. Or, pas plus que ses prisonnières, il n’avait envie de terminer ses jours dans une citadelle battue des vents, mouillée des brumes, construite pour contenir deux mille soldats et qui n’en contenait plus que cent cinquante, au-dessus de cette vallée de Seine par où la guerre, depuis beau temps, ne passait plus. » Maurice Druon (Les Rois Maudits)

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