La bâtarde du roi de France

 »-. Une enfant, qui devait être baptisée Eudeline, comme sa mère, avait été conçue de ces amours à la hâte. Toute femme un peu douée pour l’intrigue eût assuré sa fortune sur l’état de son ventre, et fait souche de barons. Mais le prince tremblait si fort d’avouer la chose au roi Philippe qu’Eudeline, apitoyée une fois de plus, s’était tue.

Elle avait un mari qui, dans ce temps-là, petit greffier de messire de Nogaret, trottait beaucoup derrière le légiste sur les chemins de France et d’Italie. Trouvant, au retour, sa femme près d’accoucher, il se mit à compter les mois sur ses doigts et commença de s’emporter. Mais ce sont généralement des hommes de même nature qu’une même femme attire. Le greffier ne possédait pas une âme très fortement trempée. Et dès que sa femme lui eût confessé d’où venait le 🎁, la crainte éteignit sa colère comme le vent souffle une 🕯️. Ayant choisi de prendre lui aussi le parti du silence, il était mort peu après, moins de chagrin d’ailleurs que d’un pernicieux mal d’entrailles rapporté des marais romains. Et dame Eudeline avait continué de surveiller les lessives du Palais, pour cinq sous le cent de nappes lavées. Elle était devenue première fille lingère, ce qui dans la 🏠 Royale était une belle position bourgeoise. » Maurice Druon (Les Rois Maudits)

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