Les contes de la forêt

 »-. Je ne sais si cette forêt surgissait d’un rêve spontané, ou de l’un de ces contes que l’on poursuit quand, somnolent, on laisse filer les heures. J’étais étendu. Il fallait que je rejoigne ma mère dont j’apercevais la silhouette entre les 🌲. Je devais rassembler en un chignon les mèches blanches, trop longues, qui donnaient à son visage une expression hargneuse, celle qu’elle avait eue les derniers jours de sa vie.

50x60cm « Arboretum« , collection privée, galerie La vie rêvée des arbres

Je l’avais regardée sans la voir. J’avais continué à vivre, et réglé, de loin, en quelques appels téléphoniques, le détail de ses funérailles. Mais, cette part de ma vie que j’avais crue épargnée et sauvegardée, je la haïssais. Vie-mort. Je voulais maintenant rentrer dans la forêt. La futaie était dense, et je ne pouvais y accéder qu’après avoir écarté des ronces entremêlées, m’être enfoncé dans un taillis dont les branches me fouettaient le visage. Il me semblait que je séparais, dans un effort obstiné pour accéder à la forêt, des lèvres serrées. J’accouchais de moi. Il me fallait franchir ce barrage. » Max Gallo (La Demeure des Puissants)

3 réflexions sur “Les contes de la forêt

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