Le bruit de la canonnade

 »-. Aujourd’hui, comme chaque dimanche, je suis montée sur le coteau, je suis venue près de toi. J’ai marché sur le sentier sans rien voir que tes yeux, sans respirer d’autre parfum que le tien, qui reste dans ma mémoire. Là-haut, un grand vent amenait le bruit des canons. Cela tapait, tapait, tapait… J’ai pleuré de te savoir sous ce déluge de fer et de 🔥dont j’apercevais les sinistres fumées, les éclairs. Mon amour, où étais-tu ? Je suis restée longtemps, comme à l’habitude, je ne pouvais détacher mon regard de cet immense champ de souffrances dans lequel depuis des mois tu vis.

Je donnerais la vie de milliers d’hommes pour quelques secondes dans tes bras. Je donnerais leur tête tranchée, je la trancherais moi-même pour retrouver sur ma bouche tes baisers, retrouver tes ✋et tes regards ?’ Il ne m’importe pas d’être odieuse. Je me moque des jugements. De la morale. Des autres, que je tuerais pour que tu sois vivant. Je hais la mort parce qu’elle ne choisit pas. Écris-moi mon amour, écris-moi. Chaque jour sans toi est une âpre souffrance… Ta Lysia. » Philippe Claudel (Les âmes grises)

25x30cm « La Solitaire », galerie Dépeindre en grand, peindre en petit

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