La mort de la Sultane

 »-. La Sultane est morte d’une fièvre maligne. Son fils a chassé le médecin, tel est l’usage dans le pays. Lorsque le malade succombe, on repousse l’homme qui n’a pu lui donner que des secours inutiles. Il ne paraît pas que cette coutume rende les médecins turcs plus heureux ou plus habiles que les nôtres. On a fait ce qu’on a pu pour distraire le Grand-Seigneur qui, depuis ce funeste événement, est plongé, dit-on, dans une tristesse profonde. On lui a proposé des promenades incognito, c’est un genre de dissipation qu’il préfère à tout autre.

Jamais les Turcs ne prennent le deuil, la couleur noire est pour eux, comme en Europe, le bleu ou le vert. En général, la douleur ne laisse pas de longues traces chez ce peuple, qui aime faiblement, il connaît moins que nous l’affliction et les regrets. L’habitude de tout recevoir comme un bienfait du ciel les rend presque insensibles à des peines que nous trouverions bien cruelles. » Comtesse de la Ferté-Meun (Lettres du Bosphore, publiées en 1820)

4 réflexions sur “La mort de la Sultane

  1. a méditer le matin: Ils aiment faiblement, « L’habitude de tout recevoir comme un bienfait du ciel les rend presque insensibles à des peines que nous trouverions bien cruelles. »
    je ne sais pas à quoi cette fichue journée va ressembler. Si je te disais que…

    Aimé par 1 personne

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