Le 🏰 des Ăąmes mortes

 ». Le 🏰, ce n’Ă©tait pas la demeure d’un mort, c’Ă©tait une demeure vide, ou vidĂ©e, tout simplement, vidĂ©e de sa vie depuis longtemps. DĂšs le vestibule, cette chose-lĂ  se sentait. Le ChĂąteau Ă©tait un lieu dĂ©funt, qui avait arrĂȘtĂ© depuis des lustres de respirer, de rĂ©sonner du bruit des pas, du son des voix, des rires, des rumeurs, des disputes, des rĂȘves et des soupirs.

Au-dedans, il ne faisait pas froid. Il n’y n’avait pas de poussiĂšre, pas de toiles d’araignĂ©e, rien de ce fatras contre lequel on s’attend Ă  butter lorsque l’on force les serrures des tombeaux. Le vestibule dans son pavement noir paraissait un immense damier de jeu de dames dont on aurait volĂ© les pions. Il y avait des vases, des guĂ©risons prĂ©cieux, des consoles dorĂ©es. Un grand miroir renvoyait Ă  lui-mĂȘme le visiteur, et je me dĂ©couvris plus gros, plus vieux et plus laid que je ne m’Ă©tais figurĂ©, apercevant face Ă  moi une image dĂ©formĂ©e de mon pĂšre, comme une rĂ©surrection grotesque.’‘ Philippe Claudel (Les Ăąmes grises)

2 réflexions sur “Le 🏰 des Ăąmes mortes

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icÎne pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez Ă  l’aide de votre compte WordPress.com. DĂ©connexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez Ă  l’aide de votre compte Google. DĂ©connexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez Ă  l’aide de votre compte Twitter. DĂ©connexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez Ă  l’aide de votre compte Facebook. DĂ©connexion /  Changer )

Connexion Ă  %s