Il pleut sur Rio

 »-. C’était au début de l’hiver austral. Il pleuvait depuis plusieurs jours. Les nuages étaient chargés d’un sable rouge, arraché par les vents du nord-est aux sommets déboisés qui entouraient la ville. L’averse couvrait les toits et les façades qu’elle frappait de biais, en rafales, d’une mince pellicule visqueuse et teintée qui colorait les carosseries et les rues. L’eau débordait, envahissait la chaussée, bouillonnante, poussant dans les caniveaux des détritus et des animaux morts.

Les voitures s’immobilisaient au milieu des carrefours. Le centre de Rio était paralysé. La mer avait pris le même aspect gris-rouge que le ciel. Dans les quartiers de la périphérie, le sol glissait, et les nappes de boue bousculaient les baraques. Et la pluie continuait de tomber, enlisant dans la même boue rougeâtre les rats, les chiens, les porcs, les enfants. Les femmes hurlaient pour arracher au sol mouvant quelques objets, et parfois un nouveau-né. » Max Gallo (La Demeure des Puissants)

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