Une lettre qui vient du front

 »-. Mademoiselle, Je vous écris pour vous annoncer une bien triste nouvelle. Il y a dix jours, lors d’un assaut dirigé vers les lignes ennemies, le caporal Bastien Francoeur a été touché à la tête par une rafale de mitraillette. Secouru par ses hommes, il a été ramené dans notre tranchée, où notre infirmier n’a pu que constater la gravité extrême de ses blessures. Le caporal Francoeur est malheureusement décédé dans les minutes qui ont suivi, sans avoir repris connaissance. Je puis vous assurer qu’il est mort en soldat. Voici des mois qu’il était sous mes ordres, et il s’est toujours comporté avec vaillance, se portant constamment volontaire pour les missions les plus dangereuses. Il était aimé de ses hommes, et apprécié de ses chefs.

J’ignore quelle était la nature de vos relations avec le caporal Francoeur, mais comme plusieurs lettres de vous sont arrivées depuis son décès, j’ai jugé bon de vous avertir, en plus de sa famille, de sa tragique issue. Sachez, Mademoiselle, que je comprends votre peine, et je vous prie de recevoir mes plus sincères condoléances. Capitaine Charles-Louis Brandieu. » Philippe Claudel (Les âmes grises)

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