Scènes d’horreur et de chaos

-. La paix allait coûter cher au pays. La guerre finissait dans la débâcle. L’armée des Bulgares et des Allemands fuyait. Cent mille soldats déçus marchaient sur Sofia. Le quartier général était encerclé. Une république indépendante, proclamée là, durait quatre jours et finissait dans le sang.

A Sofia, la foule envahissait toutes les places. Ses lamentations étouffaient la cité d’un brouillard sonore. Les femmes prolongeaient jour et nuit leurs veillées mortuaires. Elles pleuraient et gémissaient dans les rues. Leurs chandelles disséminaient dans l’ombre de véritables brasiers de flammes. Chaque matin, quand les flammes s’éteignaient, de nouvelles hordes de soldats révoltés saccageaient les casernes et les camps, arrachaient les épaulettes des officiers, les battaient, les assassinaient… Puis des processions de civils et de militaires marchèrent dans les rues, sous le glas des églises qui sonnaient pour les terres cédées aux Serbes. De Macédoine arrivèrent des contingents allemands, leurs colonnes d’artillerie roulaient lentement. Chevaux énormes et flegmatiques, canons, ruissellement continu d’acier, d’hommes et de bêtes, que les habitants de la capitale regardaient passer avec une animosité muette. » Liliane Guignabodet (Natalia)

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