La Chine de mon enfance

 ». La Chine de mon enfance fut celle de la misère et des larmes. Je suis née en 1936, l’année de la guerre sino-japonaise, cortège d’horreurs parmi quelques autres. Les seigneurs de la guerre, les inondations et la famine avaient plongé mon pays dans un chaos qui n’empêchait pas les compagnies étrangères de prospérer. A Shanghai, ma ville natale, on donnait des concerts classiques sous les kiosques de la concession internationale, et les boîtes de nuit ne désemplissaient pas.

Dans cette même ville, la voirie municipale ramassait chaque année quelques milliers de bébés abandonnés parmi les immondices et les poubelles par des parents trop pauvres pour les nourrir. Treize ans nous séparaient de la libération de la Chine, et mon pays était plongé dans les ténèbres du moyen-âge. Au pays de mes grands-parents, on achetait encore, dans les années quarante, des petites filles destinées à devenir esclaves, concubines ou prostituées. Le plus grand malheur, à cette époque, était encore de naître une fille, fardeau inutile, bouche à nourrir. Jusqu’au jour où cette fille appartiendrait au mari, et surtout à la toute-puissante belle-mère. » Chow Ching Lie (Concerto du fleuve jaune)

50x60cm « Miss Yin Chow Yang« , galerie Femmes, Femmes, Femmes

2 réflexions sur “La Chine de mon enfance

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