Gémellité

 »-. Et te voici, Léo, sur la photo. Tu portes mon vieux blazer, car j’étais ton jumeau, mais j’étais plus grand que toi. Ce blazer, j’ai dû l’acheter en classe de quatrième. La cravate est à Papa, tu n’as jamais su faire un nœud correct. Quelqu’un a essayé d’aplatir ta tignasse indisciplinée, mais ça n’a pas marché. Tu souris, Léo, et je ne peux m’empêcher de sourire à mon tour. Je ne suis pas le premier à perdre un frère prématurément. Je ne suis pas le premier à perdre un jumeau. Ta mort a été un cataclysme, certes, mais ma vie ne s’est pas arrêtée là. Je m’en suis remis. Je suis retourné au lycée quinze jours après cette nuit-là. D’accord, j’ai été un peu maussade en classe. Quand mes notes en histoire ont chuté, Mme Freedman m’a dit gentiment mais fermement que ta mort n’était pas une excuse. Elle avait raison. La vie continue, et c’est un affront en soi. Quand on a du chagrin, au moins on a quelque chose. Mais quand le chagrin s’estompe, qu’est-ce qui reste ? On va de l’avant. Or, je ne voulais pas aller de l’avant. » Harlan Coben (Par accident)

La gémellité nous interpelle, par son coté mystérieux et la dualité qui l’accompagne. Représenter des jumeaux, pas si facile. Peindre des jumelles, c’est déjà plus séduisant, car, il faut le dire, l’image de la femme est plaisante, tant pour celui qui l’interprète que celui qui la regarde. J’avais en tête, lorsque j’ai peint cette toile, le destin de deux jeunes femmes jumelles, dont l’histoire a basculé… la vie pour l’une, la mort pour l’autre… Et a influencé ma façon de peindre, du moins pour cette oeuvre-là, si particulière dans mon coeur, du moins pendant quelque temps. Puis l’existence a fort heureusement repris son cours tranquille.

60x80cm « Soeurettes », collection privée, Galerie Femmes, Femmes, Femmes – L’une est partie, l’autre est restée, en portant sur ses épaules tout le malheur de leur petit monde à deux-

Mon conseil. – Faut-il s’impliquer dans une toile, y mettre tout son coeur, toute son âme ? – Certainement, si le sujet, le moment, les circonstances s’y prêtent. Attention toutefois de ne pas trop jouer sur la corde sensible, et de garder à la peinture son côté spontané, ludique, léger…

5 réflexions sur “Gémellité

  1. Ce tableau me touche. Il restitue ce que vous vouliez y mettre. Je suis fascinée par la gémellité. Lorsque je vivais en Afrique, j’avais vu une exposition remplie de tableaux sur la gémellité. L’oeuvre d’un peintre sénégalais ; dans sa fratrie il y avait trois paires de jumeaux, il était l’un d’eux. Ce qui me frappe c’est que comme vous, il privilégiait les filles. Peut-être pour les mêmes raisons ? Nous ne le saurons pas. Bref, nous lui avons acheté trois encres. C’était dans les années 80. Elles ornent le mur d’une pièce et je les contemple toujours avec le même plaisir.

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