Le bal chez le comte de Beaumont

 »-. Tout, chez le comte de Beaumont, était extravagant, mais raisonnablement. Ses fêtes costumées faisaient courir à son hôtel particulier de la rue Duroc tout ce que Paris comptait de gens lancés, peintres, journalistes, directeurs de théâtre, acteurs, poètes, chorégraphes, autant d’individus qui faisaient parler d’eux et auxquels se joignaient quelques personnes, discrètes car millionnaires, banquiers, agents de change et financiers. L’art s’affichait, par la puissance. Quant au pouvoir, il était absent, car aucun homme politique n’aurait pu se frayer un chemin dans cette chatoyante assemblée d’artistes sans récolter insultes et coups de coude dans l’estomac.

Un bal Shakespeare, on n’avait encore jamais vu ça ! On avait pu se rendre au bal perroquet, au bal nègre, au bal olympique, au bal travesti, au bal banal. Il avait été interdit au dernier moment par le préfet de police de se rendre au bal de la misère, car des chômeurs avaient manifesté sur les Champs-Elysées en estimant le thème de mauvais goût. Mais on ne s’était encore jamais rendu à un bal Shakespeare. L’excitation régnait à l’entrée. Des badauds s’étaient massés par centaines pour regarder des individus poser le pied hors des voitures. Ils firent irruption déguisés l’un en Othello, l’autre en Desdémone. Lui superbe, mauresque, noirci, sauvage, effrayant. Elle blonde, lumineuse, limpide, vénitienne. » Eric-Emmanuel Schimtt (La part de l’autre)

50x60cm « D comme Desdémone, O comme Othello », galerie Femmes, Femmes, Femmes

Mon conseil. -. Peindre un bal complet, costumé de surcroît en déguisements shakespeariens, voilà qui ne me tente guère, je suis trop brouillonne et désordonnée dans ma tête… -. Par contre, Othello et Desdémone, quel joli couple , avant le drame final bien sûr et le fatal coup de poignard… C’est si beau, l’amour mutuel, mais attention, la jalousie guette…-. Curieusement, Othello ne m’a pas donné grand mal. Quant à Desdémone, elle a fait sa coquette, s’est refusée à mon pinceau, elle fut plus difficile à interpréter. Je voulais la bousculer, j’ai dû la traiter par la tendresse pour la convaincre de poser pour moi. Et la parsemer de sequins pour la faire flamboyer..

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