L’entrepôt de l’enfer

 »-. L’enfer ressemble à une fabrique de petits pois. Les ombres sont mises en conserve, pour servir le fameux jour de la résurrection, dont le moins qu’on puisse dire c’est qu’il n’est pas pour demain. Cela se comprend. Comme les petits pois, eux-aussi immangeables, les ombres ne peuvent préserver leurs qualités en vue d’une consommation ultérieure que si elles subissent un processus de conservation.

Elles sont lavées dans de l’eau bouillante, frottées, désossées, dépecées, cuites dans l’huile, passées au four, à la vapeur, etc…, Et enfermées dans des boîtes en tôle dont la date d’expiration est infinie. En raison probablement de cette résurrection dont l’heure H reste un secret, même pour les diables, qui sont les prolétaires de ce monde après la mort. Une fois la boîte refermée, étiquetée, estampillée, etc… Elle est envoyée au paradis, qui n’est qu’une espèce de grand entrepôt. Il va sans dire, et sans contredire notre civilisation judéo-chrétienne, que certaines personnes, qui à force de jeûnes et de flagellations sont parvenues à un stade de macération suffisant, vont directement au paradis. Où elles attendent la fin des temps suspendues, tels des saucissons secs dont l’ancienneté ne fait qu’accroître les qualités. » Virgil Tanase (Le bal sur la goélette du Pirate aveugle)

« Quand les saints vont au Paradis »

2 réflexions sur “L’entrepôt de l’enfer

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