Le doux état de chanoinesse

 »-. A quatorze ans à peine passés, dame Émilie de la Pommeraye, la jeune chanoinesse, donnait volontiers des consultations d’amour. Bien qu’apparemment sage, elle passait pour érudite dans les nuances du ❤️. Gaie, spirituelle, espiègle en diable, d’une maturité et d’une autorité fort au-dessus de son âge, elle pouvait discourir à l’infini sur les sentiments, la passion, l’amitié, le mariage, l’adultère, le sexe. Elle avait puisé sa science dans ses dons d’observation, les romans, et la correspondance acharnée qu’elle entretenait avec ses amies.

L’état de chanoinesse était fort bon. Si délicieux même que peu de dames profitaient de la permission qu’elles avaient de se faire relever de leurs vœux pour se marier. En fait, en ce dix-huitième siècle, se faire recevoir chanoinesse était l’unique moyen de mener une agréable vie de célibataire, sous les soupirs d’envie des innombrables mal-mariées de la noblesse. On vous donnait le titre de comtesse avec un bénéfice assuré, un logement, mais en même temps le droit de s’en absenter à sa volonté, ou d’y recevoir ses amis et ses parents, sous réserve que tout visiteur mâle voulût bien en sortir avant la clôture vespérale. Ce qui n’était vraiment point trop demander.’‘ Fanny Deschamps (La Bougainvillée)

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