La tendresse

 ». Elle vint s’asseoir à côté de lui, et il passa les bras autour de ses épaules dans un geste si protecteur qu’elle poussa une sorte de gémissement et se laissa aller de tout son corps contre le sien. Mais il n’était pas dans l’état d’esprit de profiter d’un tel abandon. C’était trop tôt, tout allait trop vite. Dorine en cet instant n’était pas à prendre mais à protéger comme tant d’autres qui a auraient dû l’être et, pour leur malheur, ne l’avaient pas été.

La nuit tomba, saturée de parfums, les enveloppant dans un silence ouaté, bleuissant la rive d’en face où les 🐦 finissaient de s’égosiller, jetant des reflets de cuirasse sur l’eau où mouchaient les premières truites. Jean se sentait plein de gratitude envers le monde, mais un peu honteux en même temps, d’avoir capturé cet être fragile qui s’en remettait à lui en ignorant qui il était vraiment. Mais ne le savait-elle pas, dans son instinct plus grand que sa raison ? Sans doute que si. Et dans le cloître frondaisons agitées de froissements d’une douceur sans pareille, Jean mesurait la grandeur et le poids de cette petite vie qui battait contre lui, s’en émerveillait autant qu’il était effrayé. » Christian Signol (Une vie de lumière et de vent)

7 réflexions sur “La tendresse

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